À l’heure où les frontières entre styles et tribus culturelles volent en éclat, les collaborations entre rappeurs et groupes de rock sont devenues un laboratoire géant de la musique urbaine. On assiste à une explosion de formats hybrides : cyphers avec groupe live, samples inversés (Tyler, The Creator bouclant des guitares saturées, Post Malone invitant Ozzy Osbourne), productions partagées entre beatmakers et slackers du rock garage.
La scène francophone n’est pas en reste : Suprême NTM et Trust sur scène en 1997, Orelsan avec Gringe sample du rock, Lomepal revendique ses influences de garage rock… Les fans de hip-hop et de rock se retrouvent à pogoter ensemble, à rapper sur fond de guitare, à s’ouvrir à des sonorités qu’ils n’auraient jamais explorées dans leur "bulle initiale".
La diversité des publics n’est plus juste un enjeu ; elle devient le moteur. Plutôt qu’un clash, ces collaborations créent un immense moshpit collectif, où tous les styles, toutes les générations, toutes les vibes de la rue peuvent venir s’exprimer. Un mouvement qui ne fait que commencer, et qui promet encore beaucoup de remixes et de surprises.