Le locking, ce n’est pas l’œuvre d’un seul homme. On parle d’un vrai mouvement collectif, boosté par une équipe soudée autour de Don Campbell.
1. Don “Campbellock” Campbell : le créateur
Impossible d’esquiver son blaze. Don Campbell fonde les bases du locking en 1971. C’est sur Soul Train qu’il se fait connaître, dansant sur “Tighten Up” d’Archie Bell & The Drells. Don électrise le public avec ses passages, ses locks et ses postures théâtrales.
En 1973, il forme les Campbellock Dancers (qui deviendront les Lockers), groupe pionnier qui va démocratiser la discipline à travers les États-Unis et au-delà.
2. The Lockers : la dream team
Les Lockers, c’est la première troupe pro du locking, et la formation la plus influente de l’histoire du genre. Qui composait ce crew explosif ?
- Don “Campbellock” Campbell
- Toni Basil — la seule femme du crew originel, qui servira d’intermédiaire entre la street et les médias mainstream (en plus d’un carrière pop solo après)
- Fred “Mr. Penguin” Berry — impose le style oversize, les chapeaux melon, acteur iconique dans la série “What’s Happening!!”
- Greg “Campbellock Jr.” Pope — le bras droit de Campbell, puissance scénique naturelle
- Adolfo “Shabba-Doo” Quiñones — modernise le locking et l’exporte à Hollywood et dans le cinéma
- Bill “Slim the Robot” Williams — apporte la touche robotique
- Leo “Fluky Luke” Williamson — inventif sur scène, mythique pour ses “high-kicks”
À retenir : Les Lockers transcendent les clubs de LA. Ils performent chez Sinatra, dans “The Tonight Show” de Johnny Carson, sur “Saturday Night Live” (NBC) devant des millions de téléspectateurs (chose rare à l’époque pour une bande afro-américaine issue de la street). Ils ouvrent pour des géants comme Frank Sinatra et Redd Foxx, mainstreamisant pour la première fois la danse urbaine (source : Rolling Stone).
3. “Soul Train” : véritable catalyseur
Au-delà de la rue, “Soul Train” va mettre la lumière sur ces nouveaux styles. Créée par Don Cornelius en 1971, c’est l’émission afro la plus regardée des États-Unis pendant deux décennies. Les danseurs y improvisent sur la piste, et le locking y trouve son laboratoire à grande échelle. Beaucoup de stars du locking viennent de cette scène : Slim the Robot, Damita Jo Freeman et Scooby Doo y construisent des pas et popularisent la vibe.
En 1975, “Soul Train” passe le cap du million de spectateurs hebdomadaires – un tremplin inespéré pour cette culture émergente (Source : National Museum of African American History and Culture).