Le Krump, ce n’est pas juste une danse. C’est une claque. Une déflagration née au début des années 2000, dans les quartiers de Los Angeles où le bitume brûlait sous les tensions. Son nom claque comme une gifle : “Krump”, acronyme de “Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise”. Traduction ? Une élévation radicale du corps et de l’âme, dans un univers où la rage côtoie l’espoir.
Les pionniers, c’est Tight Eyez (Ceasare Willis) et Big Mijo (Jo’Artis Ratti). Deux jeunes, à peine sortis de l’adolescence, qui transforment leurs démons en art. Ils viennent du “clowning”, une forme de danse clownesque inventée pour divertir, mais ils ont la furieuse envie d’exprimer autre chose. Le clowning, c’est fun, mais ça ne suffit plus pour raconter ce que les mômes du South Central vivent au quotidien.
Le Krump naît donc d’un besoin viscéral de crier : ras-le-bol des violences, de l’injustice, des regards méprisants. Régler ses comptes sur la piste, dans des clashs brûlants, plutôt que dans la rue, à coups de poings ou de feu.